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Windows XP peut enfin prendre sa retraite

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22 octobre 2009 -- Jozef Schildermans

Windows 7, c'est ce qu'aurait dû être Windows Vista. Tel semble être l'avis général partagé par ceux qui ont testé la nouvelle version de Windows. Dans les entreprises, Vista n'a jamais vraiment percé et Windows XP joue toujours les premiers violons. Cela va-t-il ou doit-il changer après le 22 octobre?

Entre Windows XP et Windows Vista, il y a eu six ans, entre Vista et Windows 7, seulement deux ans (cf. chronologie de Windows). A certains égards, la sortie de la nouvelle version Windows de Microsoft était assez urgente. Les chiffres en termes de parts de marché parlent en effet d'eux-mêmes. Trois ans après l'introduction de Windows Vista, Windows XP conserve toujours une part de marché de près de 72%. Vista pointe légèrement sous la barre des 18%. Ensemble, tous les systèmes d'exploitation de Microsoft détiennent par ailleurs une part de marché supérieure à 82% (source: Net Applications, septembre 2009). Dire que Vista ne fut pas vraiment un succès relève de l'euphémisme. Car sur le marché des entreprises, la part de Windows XP est proportionnellement encore plus importante que sur le marché des particuliers. Vista n'a jamais percé auprès des entreprises. Microsoft est donc face à un réel problème sur ce plan. Et l'entreprise espère ardemment que Windows 7 fera mouche.

Vista en proie aux critiques

En 2006, nous décrivions Vista comme "une impressionnante démonstration de technique et plus qu'une légère amélioration par rapport à XP". Nous ajoutions: "En fait, le seul gros inconvénient de Vista réside dans l'inflation des exigences en matériel qu'il implique." Nous sommes toujours de cet avis, a fortiori après avoir fait confiance à Vista sans problème pendant toutes ces années pour la quasi-totalité de notre travail quotidien. D'où proviennent alors les critiques omniprésentes dont Vista fait l'objet? Sans parler de la critique traditionnelle formulée par le camp Linux et Apple, du genre "Microsoft n'a encore jamais été capable de proposer un bon système d'exploitation". Cela revient à débattre du sexe des anges et nous n'allons certainement pas entrer dans cette discussion ici. Mais bon nombre d'utilisateurs Windows traditionnels n'aimaient pas non plus Vista. Les entreprises n'ont pas osé entamer la migration vers ce système d'exploitation, bien que Vista soit plus sûr que XP. Pourquoi? Notre conclusion de 2006 fournit une partie de la réponse: Vista fonctionne mieux que XP sur du matériel puissant. Et, en l'occurrence, puissant signifie aussi récent. Sur du matériel plus ancien, Vista entraîne en effet une série de problèmes. Tous les matériels ne sont pas correctement pris en charge, ou alors vous parvenez à les faire fonctionner après de nombreux réglages réalisés à l'aide de pilotes XP non supportés. Cela entraîne ensuite des problèmes de stabilité. Si le processeur n'est pas assez puissant et que la mémoire est un peu limitée, Vista peut également se montrer très lent. A cela s'ajoutent en outre les avertissements de sécurité de l'UAC qui sont perçus comme intrusifs et agaçants par beaucoup. Par la suite, Microsoft a résolu plusieurs de ces problèmes avec Vista Service Pack 1 et 2. Mais le mal était déjà fait.

Vienna à la rescousse

Les chiffres de ventes de Vista, surtout dans les entreprises, ont été directement mauvais, dès son introduction en 2007. Au sein de Microsoft, il a alors été décidé d'accélérer le développement d'une mise à jour Windows intermédiaire. Cette nouvelle version, nom de code Vienna, s'est vue attribuer des objectifs de conception clairement définis. L'un des principaux objectifs était la compatibilité complète avec des applications et du matériel existants pour Vista. Un autre objectif de conception important consistait dans l'amélioration des performances.

Dès janvier 2008, soit un an à peine après la sortie de Vista pour le grand public, une première version de Vienna - ou Windows 7 comme le nouveau système d'exploitation avait été baptisé entre-temps - est déjà mis à la disposition de partenaires Microsoft externes. En janvier de cette année, la version bêta est lancée pour tous et téléchargée des millions de fois. (D'après Net Applications, Windows 7 détient déjà une part de marché de 1,5% actuellement.) La version release candidate a fait son apparition dès la fin avril. Le 22 juillet, la version définitive de Windows 7 était prête. En comparaison avec Vista, ce cycle de développement est rapide.

Personnellement, nous travaillons déjà avec Windows 7 depuis la version build 6801 qui a été distribuée à Microsoft PDC en octobre 2008. Sur la base de cette version, nous avons rédigé en novembre 2008 une première appréciation, d'ailleurs positive, sous le titre "Cherchez les différences avec Vista".

Différences avec Vista

Nous pourrions d'ailleurs parfaitement reprendre ce titre aujourd'hui. Il y a en effet peu de différences entre Windows 7 et Windows Vista. Nous utilisons toujours ces deux systèmes d'exploitation, indistinctement. Nous relevons rarement des différences significatives, comme c'est le cas en revanche quand nous devons repasser à Windows XP, par exemple pour utiliser un netbook.

Au niveau de l'interface, la principale différence réside dans la barre de travail. On peut facilement épingler sur la barre de travail des programmes, ouverts ou non. Des miniatures s'affichent si vous tenez le curseur de la souris sur l'un de ces programmes. Celles-ci montrent ce que le programme en question est en train de faire. A l'extrême droite, un bouton spécial permet de rendre le bureau visible: si vous déplacez la souris sur ce bouton, toutes les fenêtres ouvertes deviennent provisoirement transparentes. Si vous cliquez sur ce bouton, tout est déplacé d'un seul coup vers la barre de travail et vous avez toute la place sur le bureau. Il suffit de cliquer à nouveau, et toutes les fenêtres se replacent dans leur position d'origine. Ces options ne sont pas faciles à expliquer, mais elles fonctionnent de façon très fluide dans la pratique.

Parmi les nouveautés plus modestes figurent la manière simplifiée de placer ou de supprimer des programmes dans le menu Démarrer ainsi que les "bibliothèques" ou collections de fichiers réparties dans différents emplacements, tant localement que sur le réseau. Elles fonctionnent comme des dossiers virtuels et facilitent le tri de toutes sortes de fichiers et documents. L'interface Windows XP classique a complètement disparu. Vous ne pouvez donc plus la récupérer, comme c'était encore le cas avec Vista. En guise de compensation, vous avez le nouveau Windows XP Mode (XPM), une version complète de Windows XP SP3 qui tourne dans une machine virtuelle. Grâce à XPM, les entreprises peuvent continuer à utiliser toutes leurs anciennes applications qui ne fonctionnent pas d'elles-mêmes sous Windows 7. Nous n'avons par ailleurs pas encore pu tester XPM, car cette fonction ne sera disponible que sous la forme d'un téléchargement facultatif lors de la sortie officielle de Windows 7 le 22 octobre.

L'ennuyeuse fonction de sécurité de Vista UAC (User Account Control) existe encore dans Windows 7, mais elle affiche moins souvent des avertissements. Vous pouvez désormais désactiver encore plus facilement les composantes de Windows que vous n'utilisez pas. Vous pouvez ainsi configurer comme programme standard des alternatives telles que Google, Mozilla ou Yahoo, par exemple.

Déploiement

En matière de déploiement, il n'y a que peu voire pas de changements par rapport à Windows Vista. Windows 7 utilise lui aussi des fichiers IMage basés sur des fichiers Windows et compressés LZX ou des fichiers d'installation WIM. Les administrateurs système peuvent les modifier et les compléter à leur guise pour le déploiement. Microsoft fournit d'ailleurs un large éventail d'utilitaires de déploiement, allant d'un kit d'outils d'évaluation et de planification (MAP) à un kit d'outils de déploiement (MDT) et un kit d'installation automatisée Windows (AIK). Outre Microsoft System Center, d'autres applications de gestion peuvent évidemment être utilisées pendant le déploiement de Windows 7. Ce qui est nouveau, en revanche, c'est que l'AIK pour Win7 permet à présent d'exécuter d'un seul coup toutes sortes de tâches de déploiement qui étaient précédemment réparties dans différents outils. De même, il est désormais plus facile de déployer automatiquement des configurations internationales de Windows. De plus, il est aussi possible d'installer des pilotes de façon dynamique à partir d'un serveur WDS (Windows Deployment Services) sur des clients, en fonction des besoins du client en question.

Mise à niveau

Nous avons installé Windows 7 Ultimate sur différents ordinateurs portables et PC. L'installation et/ou la mise à niveau à partir de Windows Vista s'est à chaque fois passé sans le moindre problème. Il est toutefois difficile de préciser à combien de reprises Windows 7 devra redémarrer pendant l'installation, ni quelle sera la durée d'une mise à niveau. Cela diffère fortement d'un système à l'autre. La durée d'installation a varié de 40 minutes à près de 3 heures, certes sans aucune intervention de notre part après les choix initiaux lors du démarrage de la procédure d'installation. En pratique, plus le système est récent et plus la mise à niveau est fluide.

Nous avons également réalisé plusieurs upgrades depuis XP. Cette mise à niveau est évidemment plus longue, puisque l'on doit d'abord upgrader vers Vista, avant de faire de même vers Windows 7. Précisons que Microsoft ne conseille pas cette manière de procéder, parce qu'elle peut entraîner des problèmes de stabilité. Mais toutes ces mises à niveau ont donné lieu dans notre cas à un système stable et fonctionnant de façon fluide, également sur des PC qui étaient en service depuis déjà pas mal de temps et sur lesquels de très nombreuses applications avaient été installées, supprimées et mises à jour au fil du temps. Bref, quoi que nous ayons tenté, nous n'avons jamais pu prendre Windows 7 en défaut lors d'une mise à niveau. Nous n'avons constaté qu'un seul petit problème avec plusieurs netbooks et nettops sur lesquels la carte WiFi ne fonctionnait plus de manière tout à fait correcte après l'installation de Windows 7. Il nous a suffi d'installer un pilote plus récent pour résoudre le problème.

Performances

Sur le front des performances également, nous n'avons que de bonnes nouvelles. La configuration minimale que Microsoft indique pour Windows 7 résulte dans un système parfaitement utilisable et non dans un PC d'une lenteur exaspérante comme c'était souvent le cas avec Vista. La nouvelle gestion de mémoire, l'optimisation du code et le délestage de cette version Windows ont clairement un effet positif sur les performances. Les netbooks et nettops dotés de seulement 1 Go de RAM et d'une puce vidéo Intel qui tire à son tour de la mémoire vidéo de cette RAM proposent un fonctionnement pratiquement aussi fluide sous Windows 7 que sous Windows XP. Sur ce genre de systèmes, Windows 7 est tout au plus 4 ou 5% plus lent que XP, et ce principalement sur le plan graphique. Cette légère lenteur est largement compensée par une autonomie améliorée qui peut atteindre jusqu'à 10% sur certains netbooks, comme un Asus Eee PC 1000H testé par nos soins.

Sur du matériel plus récent, Windows 7 affiche des performances nettement plus élevées que Windows Vista. Nous avons installé par exemple Windows 7 sur l'un des vainqueurs de notre récent test d'ordinateurs portables, le Dell Vostro 1520. Sous Vista, celui-ci obtient un score de performances Data News de 67/100. Sous Windows 7, ce résultat grimpe à 71/100. Sur ce portable, la nouvelle version de Windows est plus rapide que la précédente dans tous les domaines, mais le principal progrès porte sur l'autonomie de la batterie: 481 minutes sous Win7, contre 462 minutes sous Vista (avec la gestion d'alimentation équilibrée et un réglage à mi-chemin de l'éclairage de l'écran). Il s'agit tout de même d'une amélioration de près de 5%.

Le démarrage est lui aussi plus rapide. Un nettop Asus Eee Top à l'équipement matériel modeste démarre près de 21% plus vite sous Win7 que sous Vista, sa mise en mode veille est plus rapide de plus de 25% et sa sortie de ce mode veille est nettement plus rapide (en 2 s sous Win7 contre 32 s sous Vista). Win7 laisse aussi plus de 3% de mémoire libre en plus que Vista sur cette machine modeste dotée de 1 Go de mémoire. L'utilisation du processeur varie de 1 à 5% sous Win7 contre de 5 à 15% sous Vista.

Conclusion

On pourrait affirmer que Microsoft joue gros avec Windows 7. Le géant des logiciels américain ne peut pas se permettre à nouveau une débâcle comme celle qu'il a essuyée avec Vista. Mais il y a peu de danger que ce soit le cas. Non seulement parce que Windows 7 apporte selon nous une nette amélioration par rapport à Windows Vista, mais aussi et surtout vis-à-vis du toujours très utilisé Windows XP. Tous les testeurs et les utilisateurs précoces de Win7 sont quasiment unanimes à ce propos. On regretta toutefois l'impossibilité d'une mise à niveau directe depuis XP. Microsoft ne manque cependant d'outils pour automatiser d'une manière plus ou moins fluide cette mise à niveau, dans l'hypothèse où elle serait souhaitable. De plus, Microsoft peut raisonnablement penser que de très nombreuses entreprises devront réévaluer dans les mois et les années à venir leur parc informatique souvent vieillissant, et peuvent donc passer directement à Windows 7. Une fois n'est pas coutume, nous allons nous aventurer à formuler une prédiction: dans un an, la part de marché de XP devrait être fortement revue à la baisse grâce à Windows 7. XP peut enfin prendre sa retraite, en ce qui nous concerne.

Fiche produit

Produit: Windows 7
Editeur: Microsoft, http://www.microsoft.com
Configuration minimale: 1 Go de RAM, 128 Mo de mémoire vidéo et 16 Go d'espace libre sur le disque dur (version 32 bits); 2 Go de RAM, 20 Go d'espace libre sur le disque (version 64 bits). Le processeur doit offrir au moins une fréquence d'horloge de 1 GHz. La carte graphique doit être compatible au minimum avec DirectX 9.

* * *

Chronologie
1981: Microsoft commence le développement de l'Interface Manager, le précurseur de Windows.
1985: Le succès de Windows 1.0 est limité par un manque d'applications.
1987: OS/2 1.0, fruit d'un développement commun d'IBM (code) et de Microsoft (couche graphique). Le torchon brûle toutefois entre IBM et Microsoft, et chacun emprunte sa propre voie, IBM ave OS/2 et Microsoft avec NT.
1992: Windows 3.1, première version plus ou moins stable pour l'utilisation domestique et un gros succès commercial (3 millions d'exemplaires vendus en deux mois de temps).
1993: Windows NT 3.1, destiné aux entreprises et basé sur OS/2.
1995: Windows 95 (nom de code Chicago), première version Windows 32 bits qui tourne plus ou moins le dos au DOS.
1998: Windows 98 (nom de code Memphis), avec Internet Explorer entièrement intégré dans Windows.
2000: Windows 2000 Professional pour entreprises, remplace Windows NT.
2001: Windows XP (nom de code Whistler), toujours en grande partie basé sur le code OS/2 16 bits de 1987 et le code OS/2 32 bits et NT de 1992.
2006-2007: Windows Vista (nom de code Longhorn), pour la première fois depuis 1987 basé sur un code programme entièrement nouveau, bien que le code NT de 1987 s'y trouve encore pour des raisons de compatibilité. "Le plus gros investissement et projet de développement de Microsoft à ce jour."
2009: Windows 7 (nom de code Vienna), en grande partie identique à Windows Vista, mais leaner and meaner.

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Six éditions différentes
Windows 7 sort dans six éditions différentes, mais dans le commerce, vous ne trouverez généralement que les éditions Home Premium, Professional et Universal. Les entreprises de taille plus grande utilisent l'édition Enterprise qui est disponible uniquement par le biais de licences de volumes. Les éditions Universal et Enterprise sont d'ailleurs identiques, hormis la licence. La version Home Premium intègre Windows Media Center. La version Professional y ajoute la prise en charge de domaines Windows Server, le cryptage et Windows XP Mode (XPM). L'édition Universal propose en prime la prise en charge de plusieurs langues et le cryptage de disque BitLocker. Chaque version offre en outre toutes les caractéristiques de la version inférieure. Sur le PC de l'utilisateur, c'est d'ailleurs systématiquement la version haut de gamme qui est installée. Le code d'enregistrement détermine ensuite quelle version est activée. S'ils le souhaitent, les utilisateurs peuvent réaliser eux-mêmes la mise à niveau vers une version supérieure via Windows Anytime Upgrade. Dans ce cas, ils ne doivent rien réinstaller, mais uniquement acheter une nouvelle clé et l'activer. Les entreprises peuvent faire de même via les outils de déploiement Microsoft. Il n'est pas possible d'effectuer directement une mise à niveau depuis Windows XP, mais uniquement à partir de Windows Vista. Vous devez aussi upgrader vers la version correspondante, par exemple de la Home Edition de Vista vers celle de Windows 7. Par conséquent, vous ne pouvez pas installer l'Enterprise Edition de Windows 7 en partant de la Professional Edition de Vista. Ce qui est possible, en revanche, c'est de mettre d'abord à niveau vers la Professional Edition et d'activer ensuite l'Ultimate Edition. La mise à niveau d'une version linguistique déterminée vers une autre n'est pas possible non plus.

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